The Boss.

Bruce

Ceci n’était pas mon premier concert. De Hilary Duff quand j’avais dix ans à Linkin Park pendant ma période plus “rock” (oui, j’ai écouté de tout, et oui, certaines choses écoutées étaient d’une moindre qualité), à d’innombrables récitals classiques parsemés ici et là tout au long de ma vie… La musique en live, je connais. J’ai vu, j’ai écouté, j’ai toujours apprécié. Mais jamais n’avais-je vécu concert aussi transcendant que celui auquel j’ai eu la chance inouïe d’assister mardi dernier.

Bruce. Springsteen. Je connaissais de nom, oui. Je connaissais les titres majeurs, oui. J’aimais, sans pour autant le vénérer, hélas oui. A la radio, j’écoutais; sur mon iPod, seulement en shuffle. Oui, j’ai honte. Des millions de personnes bien plus adeptes que moi auraient tué pour voir ce concert. J’en étais personnellement à peine digne. Mais j’y suis allée de bon cœur, et… Heureusement pour moi.

Ineffable. Si vous cherchez dans le dictionnaire, cela veut dire qu’il n’y a pas de mots. Chose tout à fait contradictoire, vu qu’ineffable est justement le mot qui convient à la situation. Il est quasiment impossible d’exprimer ce que j’ai pu ressentir au cours de ces trois heures magiques (trois heures sans pause, il n’a pas interrompu cet envoûtement ne serait-ce qu’une seule seconde). Une véritable bête de scène. Enchanteur. La foule s’est donnée à lui, s’est offerte, s’est rendue. C’était religieux, cette admiration, cet amour qui émanait des milliers d’individus rassemblés dans ce stade, venus de tous parts pour Lui.

C’était en Irlande. Du côté de chez moi, à Limerick. Il a joué sur notre nationalité, nos origines, notre Histoire. Il semblait la comprendre, la partager, la respecter. Il y faisait référence, aux temps difficiles surmontés, à la crise économique qui nous a ruinés, à la violence qui règne par moments dans ces rues, à ce monde si complexe mais plein d’espoir dans lequel nous vivons. Et cela se ressentait dans son choix de chansons. Si vous êtes amateur, vous savez que The Boss ne joue jamais deux fois le même concert. Il n’arrive pas sur scène ayant prévu sa liste, ne définit pas quoi que ce soit de rigide à respecter pendant toute une tournée, non. Il arrive et joue ce que le public lui demande. Et c’est ainsi que nous avons chanté, et dansé, et hurlé, et ri, et pleuré.

L’émotion nous a ensorcelés telle une incantation divine. Que ce soit pour des raisons communes (American Skin 41 Shots qui fut dédiée à Trayvon Martin, Drive All Night, les deux enfants qu’il a fait monter sur scène) ou personnelles (Dancing in the Dark est l’une de mes chansons préférées), nous étions subjugués, les jeunes comme les plus vieux, les à-peine-initiés comme les vétérans qui l’écoutent depuis toujours.

Je ne m’attendais pas à réagir comme je l’ai fait. A être aussi violemment touchée par ce que j’ai écouté et non pas simplement entendu, ce que j’ai ressenti et non pas simplement constaté. Ce n’est pas sa musique que j’essaie de vous transmettre, car vous pouvez toujours la découvrir de vous-même; c’est ce que l’on a vécu ce soir-là, cet incroyable renouveau, cette lueur d’espoir dans la nuit, ce même sourire que tous arboraient dans les rues quelques heures plus tard.

Cet homme n’est pas The Boss sans raison valable. Il ne nous a pas donné sa musique; il nous a offert une expérience historique. Et a, parallèlement, gagné mon plus grand respect.

Love,

Kate

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